Un démantèlement de paris clandestins dans le canton de Vaud

Le canton suisse de Vaud a retrouvé son calme et des activités normales depuis le démantèlement d’un réseau de paris sportifs clandestins le lundi 24 juin dernier. Si la police avait en effet fait irruption dans deux bars de la ville de Renens qui organisaient des paris illégaux, l’intervention musclée des brigadiers ne changera pas à elle seul la véracité de ce phénomène. En effet, en Suisse comme dans de nombreux autres pays européens, on constate qu’un marché noir des jeux de hasard est en train de prendre forme.

Deux bars organisaient des paris clandestins à Renens

« Les bars de Renens, ce n’est que la face immergée de l’iceberg », avait confié un parier chevronné suite au démantèlement d’un réseau de paris sportifs clandestin à basse échelle. Selon ses dires –et cela est désormais avéré, la pratique illégale des jeux d’argent se propage à une vitesse grand V en Suisse. A l’heure où la récession tend à geler les salaires, à augmenter le taux d’imposition des ménages et à réduire fortement leur pouvoir d’achat, la possibilité de toucher un petit pécule non-imposable en émerveille plus d’un en Europe. Or, selon le journal 20 Minutes, cela faisait plus de sept années que les deux bars en questions proposaient des paris illégaux sur le sport. Comment se fait-il que de si petits commerces aient pu travailler ainsi, dans l’ombre, sans qu’on ne les remarque ou dénonce ?

« Il y en a qui ont tout perdu. Moi, je pouvais jouer jusqu’à 5 000 francs suisses les weekends ».

Il aura fallu un courage énorme au parieur anonyme pour révéler la vérité : « Il n’y avait qu’un ordinateur pour parier au début. Puis, il y en a eu une dizaine. Il y avait une foule énorme qui venait pour parier sur le sport. Parfois, il y avait plus d’une heure d’attente avant que son tour arrive ! ». Malgré le fait que seuls les bookmakers agréés et détenteurs d’une licence aient le droit d’offrir des paris sur le sport en Suisse, les habitants de Renens n’eurent aucun remord à dépenser leur argent chez leur pseudo-bookmaker de quartier. Par contre, ils ont à certains moments eus pas mal de regrets. « Il y en a qui ont tout perdu. Moi, je pouvais jouer jusqu’à 5 000 francs suisses les weekends ». Selon la police, qui avait pourtant effectué une visite procédurale dans les deux établissements sans jamais rien remarquer, le réseau mafieux réinvestissait 25% des mises dans ses bars. Quant au reste, il allait tout droit dans le compte en banque des propriétaires.

Des activités illicites et une concurrence déloyale

Le démantèlement a permis à la Suisse d’arrêter de se voiler la face par rapport à un problème de société qui reste majeur. Mais même si le Département de la Justice suisse et la Police souhaitent qu’un texte de loi soit rédigé afin de légaliser les jeux en ligne, de nombreux autres établissements clandestins continuent à exercer en terre helvétique. Il paraitrait même que la Loterie Romande soit de mèche avec certains de ces établissements, ce qui a tendance à profondément énerver les propriétaires de kiosques à journaux et bars qui sont autorisés à proposer des paris sur le sport. « Tous les jours, je perds un ou deux clients. Forcément, dès qu’ils gagnent plus de 1000 francs, ils sont imposés ! Ils préfèrent voir le rigolo du coin, qui leur permet d’encaisser l’intégralité de leurs gains, même si c’est contre la loi », se lamente le gérant d’un bureau de tabac.